Expositions professionnelles des travailleurs du bâtiment et des travaux publics en 2019 en France hexagonale, évaluées à partir des matrices emplois-expositions du programme Matgéné
// Occupational exposures of construction workers in 2019 in mainland France, assessed using the job-exposure matrices from the Matgéné program
Résumé
Introduction –
Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) emploie environ 1 500 000 équivalents temps plein dont 20% de non-salariés. L’objectif de cette étude était d’estimer le nombre et la proportion de travailleurs de ce secteur exposés en France hexagonale à différentes nuisances en 2019, à partir des évaluations fournies par des matrices emplois-expositions (MEE) du programme Matgéné.
Méthode –
Les MEE sélectionnées étaient celles relatives aux poussières de silice cristalline libre, aux poussières de bois, aux laines minérales, au formaldéhyde, aux carburants et solvants pétroliers, aux solvants oxygénés, aux solvants chlorés, au bruit et au travail de nuit. Elles ont été croisées avec les données du recensement de la population de 2019 fournies par l’Insee, restreint aux travailleurs et aux intérimaires du secteur du BTP, afin d’obtenir les indicateurs d’exposition aux nuisances avec leurs intervalles de sensibilité (IS) pour prendre en compte l’incertitude liée à l’évaluation de l’exposition.
Résultats –
Le bruit est la nuisance avec la plus forte proportion de travailleurs exposés (62,1% [45,2-70,0], 1 066 340 travailleurs), suivi par les poussières de silice et les laines minérales. La proportion d’exposés était plus élevée qu’en population générale des travailleurs pour le bruit, les carburants et solvants pétroliers, le formaldéhyde, les poussières de bois, les laines minérales, les poussières de silice, et plus faible pour le travail de nuit et les solvants oxygénés.
Conclusion –
Pour de nombreuses nuisances, les proportions d’exposés sont plus élevées qu’en population générale des travailleurs, ce qui montre que les travailleurs du BTP constituent une population particulièrement à surveiller compte tenu de la variété des risques professionnels rencontrés dans ce secteur et pour laquelle la prévention est primordiale.
Abstract
Introduction –
The construction industry employs approximately 1,500,000 equivalent full-time jobs, 20% of whom are self-employed. The aim of this study was to estimate the number and proportion of workers exposed to various agents in this industry in mainland France in 2019, based on assessments provided by the Matgéné program’s job-exposure matrices (JEM).
Method –
The selected JEMs were those assessing free crystalline silica dust, wood dust, mineral wool, formaldehyde, petroleum fuels and solvents, oxygenated solvents, chlorinated solvents, noise and night work. Those JEMs were merged with the 2019 population census provided by INSEE restricted to workers and temporary workers in the construction industry in order to estimate exposure indicators with their sensitivity interval (SI) taking into account the uncertainty of the occupational exposure assessment.
Results –
Noise was the agent with the highest proportion of exposed workers (62.1% [52.2-67.7], 1,066,340 workers), followed by silica dust and mineral wool. The proportion of exposed workers was higher than in the French general workforce for noise, fuels and petroleum solvents, formaldehyde, wood dust, mineral wool, silica dust, and lower for night work and oxygenated solvents.
Conclusion –
For many agents, proportions of exposed workers were higher than in the French general workforce, which shows that construction industry workers constitute a population that especially requires monitoring given the variety of occupational risks encountered in this industry, and for which prevention is essential.
Introduction
Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) est un des secteurs économiques les plus importants en France. En effet, ce secteur générait plus de 300 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021 et employait plus de 1 500 000 équivalents temps plein répartis dans un peu plus de 530 000 entreprises 1,2. Les salariés s’y répartissaient à 37% dans les petites et moyennes entreprises (PME), à 32% dans les microentreprises et à 31% dans des grandes entreprises et de tailles intermédiaires 1,3.
Le secteur du BTP regroupe deux activités assez distinctes en termes de réalisations et d’organisations : le bâtiment d’un côté, et les travaux publics de l’autre. Le secteur du bâtiment est constitué d’entreprises qui contribuent à la construction de l’ossature de l’ouvrage (le gros œuvre) et à l’aménagement et l’équipement des bâtiments (le second œuvre). Le terme « bâtiment » englobe la construction d’une variété de structures à vocation de logements (logements individuels ou collectifs), de travail (locaux commerciaux ou industriels), d’activités collectives ou de loisirs (bâtiments pour la pratique sportive par exemple). Le secteur des travaux publics concerne la construction des infrastructures publiques (routes, autoroutes, ponts…), les travaux d’assainissement et de construction des différents réseaux collectifs (eau, électricité, gaz, télécommunication). Ces travaux sont généralement commandités par l’État ou les collectivités locales.
Entre 2019 et 2022, le BTP représentait à lui seul environ 15% des accidents avec arrêt de travail et près de 20% des décès survenus lors d’accidents du travail 4. En 2023, 76 800 accidents du travail, 149 décès et un peu plus de 6 900 maladies professionnelles reconnues y étaient recensés 5. Selon l’étude Sumer de 2017 de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du Travail et de l’Emploi, le secteur du BTP pouvait exposer les salariés à une grande variété de nuisances (sonores, chimiques, thermiques) ou de contraintes posturales ou organisationnelles 6. Cependant, cette étude ne concernait que la population salariée, alors que la population de ce secteur est aussi composée de travailleurs non-salariés (artisans, micro-entrepreneurs). En effet, la même année, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estimait que les non-salariés représentaient 20% des personnes en emploi dans le secteur du BTP, contre 9% dans l’ensemble des autres secteurs non agricoles 7. Il est donc important de pouvoir documenter l’exposition pour l’ensemble des travailleurs, salariés et non-salariés, qui peuvent être soumis à des expositions de nature diverse (chimique, physique, biomécanique, organisationnelle…).
Santé publique France coordonne le programme Matgéné qui vise à construire des matrices emplois-expositions (MEE) et à produire des indicateurs d’expositions professionnelles en France pour l’ensemble des travailleurs quels que soient leur statut (salariés et non-salariés), leur profession et leur secteur d’activité 8.
L’objectif de cette étude est d’estimer en 2019 en France hexagonale (incluant les 96 départements appartenant au continent européen), le nombre et la proportion de travailleurs du secteur du BTP exposés à différentes nuisances chimiques, physiques ou organisationnelles, quel que soit leur statut, selon le sexe, les groupes professionnels ou secteurs d’activité, à partir des évaluations fournies par les MEE du programme Matgéné.
Méthode
Présentation générale des matrices emplois-expositions du programme Matgéné
Une MEE est un tableau croisant des emplois avec des indices d’exposition à une ou plusieurs nuisances 9. Dans les MEE du programme Matgéné utilisées pour ces travaux, les emplois sont représentés par un code de profession issu de la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS2003) associé à un code de secteur d’activité issu de la nomenclature d'activités française (NAF rév. 2, 2008).
Les MEE Matgéné évaluent l’exposition aux nuisances étudiées pour tous les emplois en France 10. Elles sont, pour la grande majorité, élaborées par expertise selon une méthode dite « a priori » : pour chaque emploi, une évaluation de l’exposition est effectuée par des hygiénistes industriels, basée sur des recherches d’informations sur le contexte professionnel (tâches exposantes, matériaux et outils utilisés…), sur l’évolution de la réglementation et sur les pratiques professionnelles en lien avec la nuisance étudiée. Pour chaque emploi jugé exposé, les hygiénistes industriels attribuent une probabilité d’exposition, définie comme la proportion de travailleurs exposés dans l’emploi. Ces probabilités sont définies en classes selon des périodes homogènes en termes d’exposition. Les périodes sont, quant à elles, déterminées en fonction des réglementations successives et des évolutions des techniques dans les différents secteurs d’activité. Dans la majorité des MEE produites au sein du programme, d’autres indices sont définis, principalement l’intensité, la fréquence ou le niveau d’exposition, mais qui n’ont pas été utilisés dans cette étude. De manière générale, un emploi est considéré exposé au-dessus d’un niveau minimum d’exposition, défini comme le niveau d’exposition retrouvé dans la population générale. Pour la matrice Bruit, le niveau minimum d’exposition pour la population professionnelle a été défini à 70 dB(A) sur 8 heures.
La MEE Travail de nuit a été construite selon une méthode « a posteriori », à partir de l’exploitation statistique des données collectées dans les enquêtes emplois menées par l’Insee 11 qui ont interrogé un panel représentatif de la population française sur le recours au travail de nuit (période 1982-2013). Ces données documentant un échantillon représentatif de la population nationale ont été exploitées pour documenter par emploi, par sexe et par période de 5 ans, une proportion de travailleurs concernés par le travail de nuit 12,13.
Présentation des matrices emplois-expositions sélectionnées dans l’étude
Le secteur du BTP peut exposer à de nombreuses nuisances 6, qui n’ont pas toutes fait l’objet d’une évaluation par matrice dans le programme Matgéné 14. Les MEE sélectionnées étaient celles présentant une probabilité d’exposition non nulle en 2019 pour les travailleurs du secteur du BTP et dont les emplois sont codés selon la PCS2003 et la NAF2008. Il s’agit des poussières de silice cristalline libre 15, des poussières de bois 16, des laines minérales 17, du formaldéhyde 18, de trois grandes familles de solvants (pétroliers, oxygénés et chlorés) 19,20,21, du bruit 22 et du travail de nuit 13.
Les nuisances et périodes couvertes dans les MEE mises en œuvre sont présentées dans le tableau 1. Bien que l’amiante soit une exposition encore d’intérêt pour la population du BTP, la matrice amiante construite historiquement n’a pas pu être prise en compte dans cette étude, compte tenu de son ancienneté (périodes couvertes et nomenclatures utilisées).
Agrandir l'imageSélection de la population d’étude
Les recensements
Afin d’estimer les proportions de travailleurs du BTP potentiellement exposés aux différentes nuisances présentées précédemment, les données du recensement de la population (RP) millésimé de 2019 ont été utilisées 23. Le recensement repose sur une collecte d'informations annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans et le recensement 2019 prend donc en compte les données des enquêtes annuelles de recensement de 2017 à 2021. Ces données produites par l’Insee, qui portent sur l’ensemble des actifs en emploi en France, sont détaillées par profession et secteur d’activité (codées en PCS2003 et NAF2008), sexe, âge quinquennal, familles d’activités professionnelles (FAP), statut du travailleur (salarié, non-salarié), département et renseignent les effectifs associés dans la population. Concernant le statut des travailleurs, on distingue les travailleurs non-salariés travaillant pour leur propre compte (agriculteurs, commerçants, artisans, professions libérales…) et les travailleurs salariés qui sont employés par une entreprise.
Population d’étude
Nous avons défini les travailleurs du BTP comme étant les salariés, les dirigeants ou les artisans d’une entreprise du BTP, et les intérimaires occupant des professions réalisant des tâches spécifiques du BTP.
Pour cela, nous avons sélectionné au sein des recensements les emplois qui remplissaient un des deux critères suivants :
–travailleurs du secteur BTP : les emplois étaient définis par un des trois codes formant la section F (construction) de la NAF2008, à savoir la construction de bâtiment (NAF41* : toutes les NAF2008 à 5 caractères commençant par 41 sont prises en compte), le génie civil (NAF42*) et les travaux de constructions spécialisés (NAF43*) ;
–intérimaires du BTP : les emplois étaient définis par la NAF78* (activités liées à l’emploi), associée à un code profession correspondant à une PCS2003 typique du BTP : ingénieurs et cadres techniques d’entreprise – bâtiment, travaux publics (PCS382* : toutes les PCS2003 à 4 caractères commençant par 382 sont prises en compte), techniciens – bâtiment, travaux publics (PCS472*), contremaîtres, agents de maîtrise – bâtiment, travaux publics (PCS481*), ouvriers qualifiés de type industriel – bâtiment, travaux publics, carrières, extraction (PCS621*), ouvriers qualifiés de type artisanal – bâtiment (PCS632*), électriciens qualifiés de type artisanal (y.c. bâtiment) (PCS633a), conducteurs d'engin lourd de levage (PCS651a), ouvriers non qualifiés de type industriel – bâtiment, travaux publics, carrières, extraction (PCS671*) et ouvriers non qualifiés de type artisanal – bâtiment (PCS681*).
La population a été restreinte à la France hexagonale (intégrant les 96 départements appartenant au continent européen), puisque les matrices n’évaluent pas les expositions professionnelles pour les territoires ultramarins compte tenu des particularités concernant les matériaux mis en œuvre, les outils et procédés utilisés ainsi que les emplois occupés, pouvant entraîner des spécificités d’exposition.
Estimation des indicateurs d’exposition
Les MEE des différentes nuisances sélectionnées ont été croisées avec le RP de 2019. Ce croisement a été réalisé conjointement sur 3 variables : la PCS, la NAF et la période d’exposition. Pour les matrices Formaldéhyde et Travail de nuit, pour lesquelles l’année 2019 n’était pas incluse dans la dernière période couverte par la matrice, l’évaluation de la dernière période de la matrice a été utilisée pour effectuer le croisement, en s’étant auparavant assuré que le prolongement de la période ne remettait pas en cause l’évaluation (par exemple, absence de nouvelle réglementation). Ces croisements ont permis d’estimer le nombre et la proportion de travailleurs du BTP exposés aux différentes nuisances sélectionnées en 2019, chez les actifs en emploi en France hexagonale âgés de 20 à 74 ans, par profession et secteur d’activité, selon le sexe et le statut du travailleur (définissant des catégories dans la population). Le nombre de travailleurs du BTP exposés à chacune des nuisances a été calculé en multipliant la probabilité d’exposition fournie par la MEE (centre de la classe de probabilité) par l’effectif de travailleurs dans l’emploi issu du recensement. La proportion de travailleurs exposés dans une catégorie de la population est obtenue en divisant le nombre de travailleurs exposés par le nombre d’actifs en emploi dans cette catégorie. Un intervalle de sensibilité (IS) a ensuite été calculé en prenant la borne inférieure et la borne supérieure de chaque classe de probabilité, pour définir l’incertitude sur l’estimation du nombre et de la proportion de travailleurs exposés. Par exemple, pour une profession comptant un total de 1 000 travailleurs et une probabilité d’exposition à une nuisance comprise dans un intervalle de 35 à 45%, l’estimation est de 400 travailleurs exposés avec un intervalle de sensibilité entre 350 et 450 travailleurs.
De la même façon, ces indicateurs ont également été estimés pour l’ensemble de la population des travailleurs. Enfin, la répartition des groupes professionnels a été décrite dans la population exposée.
Résultats
La population des travailleurs du BTP
En 2019, la population des travailleurs du BTP, telle que définie dans notre étude, comptait 1 716 590 travailleurs (tableau 2). La part de femmes dans cet effectif était de 11,5%. La classe d’âge la plus représentée était celle des 40-59 ans (50,7%). Les catégories socioprofessionnelles avec les effectifs les plus élevés étaient les ouvriers (825 300 personnes) et les artisans, commerçants et chefs d’entreprise (384 820 personnes). Les non-salariés représentaient 22,9% de l’ensemble des travailleurs du BTP (vs 13,8% en population générale des travailleurs). Le secteur des travaux de construction spécialisés (NAF43), comprenant notamment la démolition et la préparation des sites, les travaux d’électricité et de plomberie, les travaux de finition (peinture, revêtement du sol...), les travaux spécialisés (maçonnerie, couverture…) regroupait 77,8% des travailleurs.
Agrandir l'imageLes travailleurs intérimaires du BTP
Les travailleurs intérimaires sélectionnés représentaient 4,6% de la population du secteur du BTP (tableau 2) et 9% des salariés identifiés par une PCS spécifique du BTP (voir paragraphe population d’étude) (tableau 3).
Les professions présentant les plus fortes proportions d’intérimaires étaient les ouvriers non qualifiés des travaux publics de l’État et des collectivités locales (PCS671a, 35%), les conducteurs d’engin lourd de levage (PCS651a, 32%) et les techniciens des travaux publics de l’État et des collectivités locales (PCS472d, 24%). Le recours à l’intérim est plus fréquent en proportion pour les professions les moins qualifiées, avec un gradient de 2% pour les encadrants, 10% pour les ouvriers qualifiés et 12% pour les ouvriers non qualifiés.
Agrandir l'imageLes proportions et nombres de travailleurs exposés aux nuisances sélectionnées
Les proportions et les nombres de travailleurs exposés en 2019 aux nuisances étudiées ont été estimées dans la population générale des travailleurs et dans la population des travailleurs du BTP (tableau 4).
Agrandir l'imagePour l’ensemble des travailleurs du BTP
Le bruit (exposition à un niveau ≥70 dB(A)) était la nuisance la plus présente chez les travailleurs du BTP avec 62,1% [45,2-70,0] d’exposés (représentant 1 066 340 [775 130-1 202 000] travailleurs). On trouvait ensuite par ordre décroissant du nombre de travailleurs exposés : les poussières de silice, les laines minérales et les carburants et solvants pétroliers. Le travail de nuit, les poussières de bois, les solvants oxygénés et le formaldéhyde avaient des proportions d’exposés inférieures à 10%. La proportion de travailleurs exposés aux solvants chlorés était presque nulle.
Les proportions de travailleurs exposés dans la population du BTP étaient de 3 à 10 fois supérieures à celles estimées dans la population générale des travailleurs, respectivement pour le bruit, les carburants et solvants pétroliers, le formaldéhyde, les poussières de bois, les laines minérales et les poussières de silice. À l’inverse, les travailleurs du BTP étaient moins concernés que la population générale des travailleurs par le travail de nuit (deux fois moins) et les solvants oxygénés (30% en moins). Des proportions très faibles (<0,1%) étaient observées pour l’exposition aux solvants chlorés dans les deux populations.
Chez les travailleurs du BTP hommes
Les hommes représentaient près de 90% de la population étudiée. Les proportions d’exposés pour toutes les nuisances chez les travailleurs hommes du BTP étaient globalement les mêmes que pour l’ensemble de la population du BTP. Ces proportions étaient identiques dans la population générale des travailleurs hommes pour les solvants oxygénés et solvants chlorés, plus faibles pour le travail de nuit et plus élevées pour les autres nuisances.
Chez les travailleuses du BTP femmes
Les femmes travaillant dans le BTP présentaient des proportions d’exposées entre 2 et 7 fois inférieures à celles des hommes du BTP pour l’ensemble des nuisances étudiées. Le classement des proportions d’exposées restait cependant le même que pour les hommes. Les proportions d’exposées dans la population des travailleuses du BTP étaient proches de celles des travailleuses en population générale des travailleurs pour le formaldéhyde et les solvants chlorés, plus faibles pour les solvants oxygénés et le travail de nuit, et plus élevées pour toutes les autres nuisances.
Selon le secteur d’activité
Les proportions de travailleurs exposés ont été détaillées par secteur d’activité (figure 1). Le secteur de la promotion immobilière (NAF411), dont une partie de l’activité n’est pas réalisée sur les chantiers de construction, présentait les proportions d’exposés les plus faibles pour toutes les nuisances (toutes inférieures à 10%).
Dans tous les secteurs, les proportions d’exposés au bruit (≥70 dB(A)) des travailleurs du BTP étaient supérieures à toutes les autres proportions (de 34,7% [28,0-38,1] (construction d’autres ouvrages de génie civil, NAF429) à 84,1% [72,5-90,1] (activités liées à l’emploi, NAF78)).
Pour les secteurs de la construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels (NAF412), la démolition et préparation des sites (NAF431), les travaux d’installations électriques, plomberie et autres travaux d’installation (NAF432), les travaux de construction spécialisés (NAF439) et les professions sélectionnées (voir paragraphe population d’étude) dans les activités liées à l’emploi (NAF78), les trois proportions d’exposés les plus importantes concernaient le bruit, les poussières de silice et les laines minérales.
Le secteur des travaux de finition (NAF433) est le secteur présentant le plus grand nombre de proportions d’exposés supérieures à 10% (6 nuisances sur 9). À l’inverse, le secteur de la construction d’autres ouvrages de génie civil (NAF429) est celui avec une majorité de proportions d’exposés inférieures à 10% (6 sur 9).
Les secteurs des travaux de finition (dont les travaux de menuiserie, NAF433), des autres travaux de construction spécialisés (dont les travaux de maçonnerie, NAF439) et les professions sélectionnées dans les activités liées à l’emploi (NAF78), avaient les proportions d’exposés aux poussières de bois les plus élevées, respectivement de 18,3% [15,1-21,9], 10,8% [7,5-14,7] et 6,0% [3,5-9,2].
Les proportions de travailleurs exposés au travail de nuit allaient de 5,7% [2,6-9,0] dans le secteur des autres travaux de construction spécialisés (NAF439) à 22,9% [14,6-31,2] dans le secteur de la construction de routes et de voies ferrées (NAF421).
Concernant les solvants, les proportions d’exposés étaient les plus élevées :
–pour les solvants oxygénés : dans les travaux de finition (NAF433, 10,2% [8,0-12,2]) et les travaux d'installation électrique, plomberie et autres travaux d'installation (NAF432, 10,1% [8,9-11,1]) ;
–pour les carburants et solvants pétroliers : dans la construction de routes et de voies ferrées (NAF421, 29,8% [23,7-35,6]) et les travaux de finition (NAF433, 28,5% [18,6-37,6]).
Agrandir l'imageRépartition des travailleurs exposés selon la profession et selon les travailleurs salariés et non-salariés
Dans la population du BTP exposée, les répartitions des travailleurs exposés à chacune des nuisances sélectionnées selon la PCS en 24 postes en 2019 sont détaillées sur la figure 2. La répartition des exposés était très variable selon les nuisances.
Les artisans (PCS21), les ouvriers qualifiés (PCS61) et non qualifiés (PCS66) étaient les seuls groupes professionnels exposés à l’ensemble des nuisances sélectionnées (part >1%). Les ouvriers qualifiés (PCS61) représentaient entre 33,4% et 48,7% des exposés selon les nuisances, sauf pour les solvants chlorés (17,4%). Les artisans (PCS21) étaient majoritaires chez les exposés pour deux nuisances, les solvants chlorés (69,6% des exposés) et le formaldéhyde (51,4%). La part des ouvriers non qualifiés (PCS66) variait entre 9,5% (formaldéhyde) et 32,5% (laines minérales). Les cadres d’entreprise (PCS36) étaient seulement retrouvés chez les exposés pour le travail de nuit (9,4%) et le bruit (1,9%) ; pour toutes les autres nuisances, ces derniers représentaient moins de 1% des exposés.
La nomenclature PCS permettait également de différencier les professions selon le statut des travailleurs. L’étude du statut des travailleurs exposés pour chaque exposition montre que la part de travailleurs non-salariés (23% des travailleurs du BTP) était inférieure à 40% chez les exposés au travail de nuit, au bruit, aux poussières de silice, aux poussières de bois, aux laines minérales et aux carburants ou solvants pétroliers. Cette part était proche de 50% pour le formaldéhyde et les solvants oxygénés et proche de 70% pour les solvants chlorés (résultats non présentés).
Agrandir l'imageDiscussion
À partir des matrices emplois-expositions du programme Matgéné, notre étude fournit une description de certaines expositions professionnelles pour les travailleurs du BTP en France hexagonale en 2019. La population du BTP sélectionnée comptait 1 716 590 travailleurs, avec notamment 88,5% d’hommes et 77,1% de salariés.
Principaux résultats
Le bruit constitue la nuisance la plus répandue dans la population du BTP, avec 62,1% de travailleurs exposés, suivi par les poussières de silice (39,2%) et les laines minérales (29,7%).
L’étude met en lumière des disparités notables entre la population du BTP et la population générale des travailleurs. Ainsi, pour six nuisances sur les neuf étudiées (poussières de silice, poussières de bois, laines minérales, carburants et solvants pétroliers, formaldéhyde et bruit), les proportions d’exposés étaient supérieures dans le BTP. En revanche, pour le travail de nuit et les solvants oxygénés, les proportions d’exposés étaient plus importantes dans la population générale des travailleurs. De plus, l’analyse par sexe révèle que la proportion d’exposées des femmes était moindre que celle des hommes, ce qui peut indiquer une différence liée aux types d’activités et aux fonctions occupées. Néanmoins, les proportions d’exposées chez les femmes restaient non négligeables pour certaines nuisances (13,3% pour le bruit et 7,3% pour les poussières de silice notamment).
Les travailleurs salariés, les plus nombreux dans la population d’étude, représentaient la majorité des exposés pour la plupart des nuisances, sauf pour les solvants chlorés et le formaldéhyde (respectivement 30,4% et 48,6% de salariés parmi les exposés). L’effectif des exposés aux solvants chlorés est cependant très faible (1 010 [200-2 020]) et concerne essentiellement les peintres, dont 40% seulement sont des salariés. Pour le formaldéhyde, les menuisiers charpentiers, dont 60% sont des artisans, sont les principaux exposés, essentiellement via les résines formolées utilisées dans les panneaux de bois (résultats non présentés).
Ces résultats confirment que, dans un secteur où le risque d’accidents et de maladies professionnelles est élevé 4, certaines expositions (bruit, poussières de silice par exemple) restent particulièrement préoccupantes et certaines catégories de professions sont exposées à l’ensemble des nuisances (artisans, ouvriers qualifiés et ouvriers non qualifiés).
Comparaison avec d’autres études
Plusieurs méthodes d’évaluation des expositions professionnelles sont disponibles et peuvent être utilisées pour documenter l’exposition au niveau populationnel 9, ce qui ne rend pas toujours aisée la comparaison entre études.
Très peu d’études, en France notamment, portent sur l’exposition à plusieurs nuisances simultanément. L’enquête Sumer 2017 de la Direction de l’animation de la recherche, des études et de la statistique (Dares) a décrit les expositions des travailleurs salariés dans le secteur de la construction 6. Bien que les proportions d’exposés de Sumer ne sont pas complètement comparables aux nôtres (salariés dans Sumer vs tous statuts dans Matgéné, évaluation sur la dernière semaine travaillée dans Sumer vs évaluation sur l’ensemble des tâches réalisées pendant l’année dans Matgéné, évaluation individuelle dans Sumer vs évaluation populationnelle dans Matgéné), elles étaient toutefois supérieures dans le BTP par rapport à l’ensemble des secteurs pour le bruit, la silice cristalline, les poussières de bois, les fibres minérales et certains carburants et solvants pétroliers, tout comme dans notre étude.
Nous pouvons comparer nos résultats pour certaines nuisances avec des données d’autres pays, en gardant à l’esprit que nous ne sommes pas forcément sur la même répartition de la population de travailleurs par secteur qu’en France, et sur des périodes d’observation qui peuvent être différentes.
Ainsi, une étude australienne réalisée en 2012 montrait que 80% [69,1-90,9] des travailleurs de la construction (sélection des métiers plus spécifique que dans notre étude) étaient exposés aux poussières de silice, contre 6,6% en population générale de travailleurs 24. Dans notre étude, cette proportion d’exposés était de 39,2% [36,7-42,2], là aussi bien supérieure à la proportion en population générale des travailleurs (3,8% [3,5-4,1]).
Concernant le bruit, une étude américaine de 2014 indiquait que 51% des travailleurs de la construction déclaraient une exposition aux bruits forts ou très forts, contre 25% en moyenne sur l’ensemble des secteurs 25. Dans notre étude, cette proportion estimée pour une exposition à un bruit ≥70 dB(A) était de 62,1% [45,2-70,0], supérieure à la proportion en population générale des travailleurs (20,5% [14,2-24,5]).
Pour les poussières de bois, les données étrangères retrouvées vont aussi dans le sens d’une plus forte proportion d’exposés dans le BTP que dans la population générale de travailleurs. Une étude européenne montrait que 9% des ouvriers de la construction étaient exposés à la nuisance (1 190 000 exposés pour 13 000 000 travailleurs recensés), contre 2% pour le reste de la population des travailleurs sur la période 2000-2003 26. Et en Nouvelle-Zélande, en 1996, une étude basée sur l’exploitation d’une MEE aux poussières de bois donnait une proportion de 5,6% de la population des travailleurs exposée aux poussières de bois 27. Les auteurs signalent la part prédominante (41,5%) des travailleurs de la construction parmi les exposés.
Forces et limites méthodologiques
L’un des points forts de cette étude réside dans l’utilisation des MEE du programme Matgéné qui permettent d’évaluer l’exposition professionnelle de l’ensemble des travailleurs, salariés comme non- salariés. Cette approche est particulièrement pertinente dans le contexte du BTP, dans lequel une part non négligeable (23%) des effectifs est constituée de travailleurs non-salariés. Cette étude met effectivement en lumière l’exposition pour les travailleurs non-salariés, alors que cette population n’est habituellement pas documentée dans le cadre des études menées dans le cadre de la médecine du travail. Un autre point fort de notre étude est d’avoir pu prendre en compte l’exposition pour la population des intérimaires intervenant dans les entreprises de BTP. Par ailleurs, le croisement avec les données du recensement permet d’obtenir des estimations à l’échelle de la France hexagonale et de les décliner selon différents paramètres compte tenu de la taille conséquente de la population.
Un autre intérêt de notre travail est d’avoir étudié simultanément les expositions à plusieurs nuisances présentes dans le BTP, ce qui est relativement rare et ouvre des perspectives dans le cadre de l’étude de la multi-expositions et du concept de l’exposome. Beaucoup des nuisances étudiées ici sont très préoccupantes quant à leur impact sur la santé humaine, et certaines sont classées cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques avérés (CMR 1) par le règlement européen ou cancérogène avéré (groupe 1), par le Centre international de recherche contre le cancer (poussières de bois, formaldéhyde, poussières de silice, trichloroéthylène, travail de nuit, benzène).
La sélection de tous les emplois de la section « F », y compris des emplois support (emplois administratifs, commerciaux, etc.), auxquels s’ajoutent les travailleurs intérimaires spécifiques du secteur, ce qui représente 1 716 590 personnes, nous permet de nous rapprocher de l’exhaustivité des travailleurs de ce secteur. Nous avons donc eu la possibilité d’étudier des sous-populations de travailleurs (hommes ou femmes, salariés ou non-salariés, ouvriers qualifiés ou non…) grâce aux effectifs importants de ces sous-populations.
Cependant, plusieurs limites doivent être prises en compte. D’une part, la méthode repose sur des évaluations a priori réalisées par des hygiénistes industriels, ce qui peut introduire une part d’incertitude quant à l’évaluation des expositions (non prise en compte de situations spécifiques liées à une entreprise, un poste ou une organisation particulière), qui est cependant limitée par l’utilisation d’intervalles de sensibilité. D’autre part, les évolutions potentielles des pratiques professionnelles, des réglementations et du système des nomenclatures de codage du recensement impliquent des mises à jour des matrices. Ainsi, les MEE poussières de ciment et fibres d’amiante, nuisances pourtant présentes dans le BTP, n’ont pu être utilisées dans cette étude car elles n’avaient pas été mises à jour 28. Néanmoins, on peut tout de même préciser que pour l’amiante, le rapport à 20 ans du Programme national de surveillance du mésothéliome (1998-2017) montre une exposition au cours du temps de plus en plus liée à des activités dans le BTP, la proportion de sujets ayant travaillé au moins une fois dans le BTP passant de 35% des cas de mésothéliome à la fin des années 90 à 50% en 2016 29. L’amiante reste en effet un enjeu majeur dans le BTP, mais dont le risque d’exposition est connu et qui fait l’objet d’une réglementation très descriptive et prescriptive depuis 10 ans. Enfin, les matrices prises en compte dans cette étude ne couvrent pas l’ensemble des expositions professionnelles des travailleurs du BTP (absence des expositions biomécaniques notamment).
Afin d’inclure les travailleurs intérimaires travaillant dans le secteur de la construction, nous avons sélectionné des PCS typiques du BTP croisées avec la NAF des activités liées à l’emploi (NAF78). Tous les métiers supports (administratifs, logistiques, autres métiers techniques…) réalisés dans le cadre d’un travail intérimaire n’ont donc pas été intégrés dans la définition de la population étudiée et de fait dans l’estimation des expositions.
Perspectives
Les disparités d’exposition observées entre les différents secteurs d’activité du BTP et entre les catégories socioprofessionnelles dans nos travaux soulignent l’importance d’actions de prévention ciblées (encadré). Toutes les MEE possèdent des indices relatifs aux niveaux d’exposition. Afin de compléter ce panorama, il serait intéressant d’exploiter les niveaux d’exposition présents dans les matrices qui n’ont pas encore été exploités dans ce travail. D’autre part, une étude de faisabilité d’exploitation de données en open data sur les expositions professionnelles dans le BTP est en cours. Elle pourra compléter les résultats de cette étude pour les nuisances non évaluées dans le programme Matgéné, et contribuer à fournir des informations supplémentaires sur la polyexposition. Nous pourrions également étudier les évolutions de ces expositions au cours du temps en croisant les matrices utilisées ici avec des recensements d’années précédentes et bien entendu suivre leur évolution en utilisant les futurs recensements. De plus, les intérimaires du BTP, peu étudiés par ailleurs malgré leur nombre (79 000 sur notre sélection de métiers), constituent une population de travailleurs particulière et d’intérêt pour des études plus approfondies sur leurs expositions.
L’Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics (OPPBTP) et les organisations professionnelles nationales du BTP, mobilisés sur la problématique du risque silice depuis de nombreuses années, ont conduit divers travaux afin de référencer les situations de travail à risque, de mesurer les niveaux d’empoussièrement et d’identifier des bonnes pratiques à mettre en place. En effet, comme le montrent les données de cette étude, le secteur du BTP est particulièrement concerné par le risque d’exposition aux poussières de silice cristalline alvéolaire. La dernière campagne de mesurage de grande ampleur, formalisée par une signature de partenariat entre la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment), la FFB (Fédération française du bâtiment), la Fédération Scop BTP (Société coopérative et participative du BTP), la FNTP (Fédération nationale des travaux publics) et l’OPPBTP en novembre 2022, va permettre d’établir une cartographie des empoussièrements en silice cristalline alvéolaire des situations de travail les plus courantes dans le BTP. L’objectif est de fournir aux entreprises des données actualisées et des préconisations pour améliorer la santé et la sécurité des travailleurs en réduisant l'exposition à la silice cristalline le plus possible, via la valorisation de pratiques opérationnelles vertueuses.
À ce jour, cette campagne a permis de valider près de 200 mesurages pour une trentaine de situations de travail du BTP. Un premier rapport Carto-silice présente les résultats détaillés pour 7 situations de travail : le grand rabotage d’enrobés bitumineux, le petit rabotage d’enrobés bitumineux, le sciage d’enrobés bitumineux, la découpe de bordures en béton, l’enduisage et grattage d’enduit de façade, la démolition de béton avec un engin mécanique et le percement de parois en béton 30.
L’OPPBTP et ses partenaires poursuivent la campagne afin d’alimenter la cartographie des empoussièrements en silice cristalline alvéolaire dans les situations de travail du BTP. Les entreprises sont invitées à candidater sur le site Internet dédié « carto-silice.fr » afin de proposer un chantier de la campagne Carto-silice et de bénéficier d’un accompagnement personnalisé et accéder aux données anonymisées déjà obtenues sur le même site.
Ces travaux portés par les organismes de prévention des risques professionnels dans le BTP apportent des informations de terrain utiles à l’élaboration des matrices emplois-expositions et plus largement à la cartographie des expositions. Les mesures d’exposition ainsi collectées pourront servir à la mise à jour, pour certains emplois, des niveaux d’exposition de la matrice spécifique des poussières de silice au-delà de 2020 (fin de l’évaluation de la matrice) et servir à pointer au niveau populationnel les groupes professionnels les plus concernés par cette nuisance.
Les matrices emplois-expositions, utilisées principalement par les chercheurs et épidémiologistes, sont cependant encore trop peu connues et utilisées par les acteurs de terrain, en particulier par les équipes pluridisciplinaires des services de prévention et de santé au travail (SPST). En effet, leur mise à disposition actuelle ne permet pas une exploitation rapide et concrète au cours d’une visite médicale ou d’une intervention de prévention. C’est pourquoi le Groupement national multidisciplinaire de santé au travail dans le BTP (GNMST BTP) a souhaité élaborer un outil spécifique de l’exposition à la silice, utilisable facilement et rapidement par les SPST, qui fournit pour chaque métier, un niveau d’exposition moyen établi d’après un consensus professionnel, confronté et harmonisé avec les données de Matgéné et d’autres bases de données existantes. Cet outil se décline en 3 parties 31 :
–des tableaux de synthèse par métier, indiquant les principales tâches exposantes, ainsi que les indications métrologiques qui ont permis l’estimation des expositions ;
–quatre abaques pour les travaux publics, les carrières et voies ferrées, le gros œuvre et le second œuvre, permettant de situer l’exposition cumulée de chaque métier par rapport au niveau d’exposition cumulée fort (≥1 mg/m3 x année) ;
–un outil basé sur Excel® permettant de calculer l’exposition cumulée d’un salarié en fonction des différents métiers BTP exercés au cours de sa carrière.
Ces deux exemples de travaux concernant l’exposition à la silice montrent bien la complémentarité et la nécessité d’une expertise de terrain centrée sur le travailleur, couplée avec une expertise par le biais des matrices emplois-expositions et la production d’indicateurs au niveau populationnel.
Conclusion
Cette étude fournit la première cartographie d’une sélection d’expositions professionnelles sur l’ensemble des travailleurs dans le secteur du BTP (salariés et non-salariés). Bien que non exhaustifs en termes de nuisances étudiées, ces résultats constituent une première base solide pour orienter à la fois la recherche future et les actions de santé au travail dans un secteur où la réduction des expositions représente un enjeu majeur de santé publique. Enfin, la prise en compte des spécificités liées aux différents statuts professionnels et selon le sexe devrait permettre d’orienter les futures études épidémiologiques et d’élaborer des recommandations de santé publique encore plus ciblées.
Liens d’intérêt
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt au regard du contenu de l’article.
Références
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