Grandes causes de mortalité et principales causes associées en France en 2024
// Leading causes of death and main associated causes in France in 2024
Résumé
Introduction –
Cette étude décrit la mortalité par cause initiale et associée en 2024.
Méthodes –
À partir des certificats de décès des personnes résidentes et décédées en France, les causes médicales de décès ont été codées selon la Classification internationale des maladies – 10e révision (CIM‑10) et une cause initiale a été déterminée. Ces causes initiales ont été regroupées selon la liste européenne des causes de décès. Les effectifs et les taux de mortalité standardisés ont été analysés par cause, classe d’âge et sexe. Les taux de 2024 sont comparés à ceux de 2023 et aux niveaux tendanciels de mortalité estimés par un modèle de régression de Poisson entre 2015 et 2019, avec une analyse de sensibilité couvrant la période 2012-2019. Les causes associées de 2024 sont également décrites.
Résultats –
Le taux de mortalité standardisé diminue légèrement par rapport à 2023, porté par la diminution de la mortalité due à la Covid-19. Inversement, la mortalité due aux maladies de l’appareil respiratoire augmente. Celle due aux maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques, aux maladies de l’appareil circulatoire, de l’appareil digestif et de l’appareil génito-urinaire reste en hausse par rapport aux tendances prépandémiques. Près d’un tiers des certificats contiennent au moins une cause associée, dont le profil évolue avec l’âge. L’hypertension artérielle, les troubles du rythme et de la conduction, le diabète sucré et les tumeurs constituent les causes associées les plus fréquentes, tous âges confondus.
Discussion –
Cette étude rapporte des évolutions cohérentes avec les résultats internationaux. Au‑delà de la cause initiale, les causes associées correspondent à des comorbidités, qui constituent des facteurs de risque ou d’aggravation de la cause initiale.
Abstract
Introduction –
This study describes cause-specific mortality in 2024, based on underlying and associated causes.
Methods –
Based on the death certificates of French residents who died in France, causes of death were coded according to the World Health Organization’s International Classification of Diseases 10th Revision (ICD‑10) and an underlying cause of death was determined. These causes were grouped according to the European causes of death shortlist, including COVID-19. Deaths counts and standardized mortality rates were analyzed by cause, age group, and sex. Standardized mortality rates from 2024 were compared to those of 2023 and to the extrapolated 2015-2019 mortality trend levels estimated by a Poisson regression model, with a sensitivity analysis over the period 2012–2019. The associated causes of death for 2024 were also described.
Results –
The standardized mortality rate (“mortality”) slightly decreases compared to 2023, driven by the decrease in mortality due to COVID-19. Conversely, mortality due to respiratory diseases increases. Mortality from endocrine, nutritional and metabolic diseases, as well as from diseases of the circulatory, digestive and genitourinary systems, continues to rise compared with pre-pandemic trends. Nearly one-third of death certificates include at least one associated cause, the profile of which varies with age. High blood pressure, cardiac arrhythmias and conduction disorders, diabetes mellitus and tumors are the most frequent associated causes across all age groups.
Discussion –
This study reports deviations from past trends that are consistent with international findings. Beyond the underlying cause, associated causes refer to comorbidities, which act as risk factors or factors that exacerbate the underlying cause.
Introduction
Après une baisse très marquée du taux standardisé de mortalité (« mortalité ») toutes causes confondues et pour la plupart des grandes causes en 2023 par rapport à 2022 1,2, la mortalité en France diminue plus légèrement en 2024, la hausse du nombre de décès s’expliquant majoritairement par l’arrivée des générations du baby-boom aux âges de forte mortalité. L’espérance de vie à la naissance augmente quant à elle encore légèrement, pour atteindre 85,8 ans pour les femmes et 80,2 ans pour les hommes (+0,2 an par rapport à 2023) 3.
À partir de la statistique nationale des causes de décès, qui repose sur le recueil exhaustif et l’analyse des volets médicaux des certificats de décès, cette étude décrit les principaux indicateurs de mortalité par cause en 2024 et les compare aux tendances observées avant 2019, et depuis 2020. Outre la cause initiale de décès, elle décrit également les autres facteurs ayant contribué au décès, sans participer au processus causal principal (« causes associées »), qui sont essentiellement des comorbidités, facteurs de risque ou d’aggravation de la cause initiale. Une étude complémentaire reposant sur les mêmes données décrit une analyse de la prévalence des causes associées 4.
Matériel et méthodes
Cette étude s’appuie sur la statistique annuelle des causes médicales de décès, produite par le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc) de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), à partir des volets médicaux des certificats de décès renseignés par les médecins ou infirmiers et infirmières constatant le décès 5.
Les causes médicales de décès ont été codées selon la Classification internationale des maladies, 10e révision (CIM-10) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). À chaque entité nosologique (maladie, traumatisme, etc.) mentionnée sur le certificat est attribué un code CIM-10. Pour les décès survenus jusqu’en 2017 et en 2020, les codes des causes de décès provenaient, soit d’un codage automatique (système de règles Iris/Muse), soit d’un codage manuel assisté. Pour les années 2018, 2019 et depuis 2021, une méthode d’intelligence artificielle (IA) est utilisée en complément des modes de codage précédents 6. Ainsi, 64% des décès de 2024 ont été codés par le logiciel Iris/Muse®, 15% par codage manuel et 21% par la méthode d’IA.
Pour chaque certificat, une cause initiale de décès est déterminée, en appliquant les règles de la CIM-10, comme étant la maladie, le traumatisme ou les circonstances en cas de mort violente, à l’origine du processus morbide ayant entraîné le décès. Elle est principalement issue de la partie I du certificat. Les causes initiales de l’ensemble des décès ont été regroupées selon la liste succincte européenne des causes de décès en 86 catégories 7 avec, en plus, deux catégories spécifiques relatives à la Covid-19 (« Covid-19 », incluant les codes U07.1 et U07.2, et « Autres Covid-19 », incluant les codes U10.9 et U12.9 (1)) 8. Deux autres catégories ont été ajoutées pour isoler les infections de l’appareil génito-urinaire (codes CIM-10 N10-N12, N34, N39.0, N41, N49.8 et N76.8) et les septicémies (codes CIM‑10 A40-A41).
Les causes médicales associées inscrites dans la partie II du certificat, celles qui contribuent au décès sans le causer, ont été regroupées en 69 catégories (tableau annexe 1). Lorsque la cause initiale du décès était une cause présente en partie II du certificat, elle n’a pas été retenue pour l’analyse en tant que cause associée.
Le champ de l’étude concerne les personnes résidant en France (France hexagonale et dans les cinq départements et régions d’outre-mer – DROM) et décédées sur le territoire en 2024.
Les indicateurs analysés sont les effectifs de décès et les taux de mortalité standardisés selon l’âge (selon la population standardisée européenne de 2013 9). Les taux de mortalité standardisés permettent de comparer la mortalité de populations qui n’ont pas la même structure par âge 10. Le calcul des taux de mortalité pour chaque année N repose sur la moyenne des estimations de population résidente au 1er janvier de l’année N et de l’année N+1, par âge, produites et diffusées par l’Insee (populations provisoires pour 2024 et 2025). Ainsi, si pour l’année 2024 les effectifs de décès sont définitifs, les taux standardisés sont encore provisoires, comme ceux de 2023. Cette méthode de standardisation par âge diffère de celle utilisée dans les études précédentes (standardisation par âge et sexe) 1,2, sans que cela ne change les évolutions constatées 10. Ce choix permet de s’aligner sur la méthode utilisée par l’office statistique de l’Union européenne (Eurostat), et d’assurer ainsi une meilleure comparabilité avec les taux des autres pays européens 10.
Les tendances annuelles des taux de mortalité par cause initiale, sexe et classe d’âge entre 2015 et 2019 ont été estimées à partir de modèles de log-Poisson indépendants surdispersés 11, intégrant une tendance linéaire. Ces tendances ont été projetées pour les années 2020 à 2024, afin d’apprécier les éventuelles sorties de l’intervalle de prédiction à 99% interprétables comme un test à 1% de sortie de tendance. Afin d’évaluer l’influence du choix de la période de référence 2015-2019 sur les résultats, une analyse de sensibilité a été conduite en considérant la tendance sur la période 2012-2019. Les résultats pour lesquels le taux observé en 2024 s’écarte significativement du taux projeté, en considérant les deux périodes de référence, seront commentés dans le texte.
Pour ces analyses de tendances, le recodage des causes initiales d’arrêt cardiaque mal défini (I46.0 et I46.9) en R99 à partir de 2019, conformément aux recommandations de l’OMS, a été généralisé sur l’ensemble de la période d’étude pour permettre une analyse sur une base homogène. De plus, les décès avec le code Y34 (« Événement sans précision, intention non déterminée ») en cause initiale ont été exclus de la catégorie des causes externes pour l’analyse des tendances. En effet, la prise en compte de la circonstance apparente de décès introduite dans le modèle de certificat de 2018 a entraîné une rupture de série sur ce chapitre qui en biaiserait l’interprétation.
Enfin, la proportion de décès avec au moins une cause associée, parmi l’ensemble des décès, a été calculée, ainsi que la proportion de décès par catégorie de cause associée, parmi l’ensemble des décès contenant au moins une cause associée.
Les analyses sont déclinées pour trois classes d’âge (0-64 ans, 65-84 ans et 85 ans et plus) et par sexe. Ce découpage permet notamment de décrire la mortalité prématurée qui concerne les décès survenus avant l’âge de 65 ans.
Résultats
Mortalité toutes causes en 2024
En 2024, 641 046 décès de personnes domiciliées et décédées en France ont été enregistrés (tableau), soit près de 4 000 décès supplémentaires par rapport à 2023. Quasiment autant d’hommes que de femmes sont décédés en 2024 (49,9% contre 50,1%), mais pas aux mêmes âges, les hommes décédant en moyenne plus jeunes (76 ans) que les femmes (83 ans). Les personnes âgées de 85 ans et plus (3,4% de la population nationale vivante) représentent 46,2% des décès. Les décès survenant avant l’âge de 65 ans comptent pour 14,7% des décès (78,4% de la population nationale). Ces décès prématurés sont davantage masculins (19,2% contre seulement 10,2% des décès féminins).
Le taux standardisé de mortalité est de 777,9 pour 100 000 habitants, tous âges confondus. La standardisation, en ramenant les populations d’hommes et de femmes à une même distribution par âge, met en évidence une surmortalité masculine : le taux standardisé masculin (996,1) est 1,6 fois plus élevé que le taux féminin (613,8). Cela signifie que, si la population vivante comptait le même nombre d’hommes que de femmes à chaque âge, le nombre de décès des hommes serait 1,6 fois plus élevé que celui des femmes.
Agrandir l'imageAprès une mortalité élevée entre 2020 et 2022 et un recul marqué en 2023 (-60 décès pour 100 000 habitants) tous âges confondus, le taux standardisé de mortalité toutes causes en 2024 (777,9) est en diminution par rapport à 2023 (-10,7 décès pour 100 000 habitants – figure 1), aussi bien chez les hommes que chez les femmes, et dans les trois grandes classes d’âge. La mortalité toutes causes, tous âges et chez les femmes reste significativement supérieure à celle à laquelle aurait conduit la prolongation des tendances 2015-2019 ou 2012-2019 (figure 2, tableau annexe 2).
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Agrandir l'imageLa mortalité selon la cause initiale en 2024, comparativement à avant 2019 et depuis 2020
Alors que la mortalité due à la Covid-19 et aux deux premières grandes causes de décès (tumeurs et maladies de l’appareil circulatoire) est en diminution en 2024 par rapport à 2023, celle due aux maladies de l’appareil respiratoire est en hausse, ainsi que, dans une moindre mesure, la mortalité due aux maladies de l’appareil génito-urinaire, aux maladies infectieuses et parasitaires et aux causes externes (figure 1).
Tumeurs
En 2024, les tumeurs, première cause de décès, représentent 27,1% des décès (173 502 décès, soit un taux standardisé de 224,6 décès pour 100 000 habitants) (tableau). Elles sont à l’origine de 36,4% des décès chez les personnes de moins de 65 ans. En tenant compte de la structure par âge de la population, le taux standardisé masculin de décès par tumeur (293,6) est 1,7 fois supérieur à celui des femmes (174,6). Cette surmortalité masculine s’observe pour une grande majorité des tumeurs.
Les tumeurs les plus fréquentes à l’origine d’un décès sont celles du poumon, des bronches et de la trachée qui représentent 18,1% des décès par tumeur (31 459 décès, taux de 42,3 pour 100 000) dont 65,1% d’hommes. Elles comptent pour près d’un quart des décès par tumeur des moins de 65 ans.
La deuxième tumeur la plus fréquemment à l’origine d’un décès tous âges et tous sexes est la tumeur colorectale (9,9% des décès par tumeur, soit 17 159 décès). Les tumeurs malignes du pancréas constituent la troisième tumeur la plus fréquente (8% des décès par tumeur) et ont causé 13 922 décès (taux de 18,2).
Les tumeurs malignes du sein sont responsables de 12 907 décès (taux de 16,7), quasiment tous féminins, soit 16,4% des décès féminins par tumeur. Ces tumeurs sont la tumeur la plus fréquente chez les femmes. Les tumeurs malignes de la prostate sont à l’origine de 9 130 décès d’hommes, elles constituent la deuxième tumeur la plus fréquente chez les hommes.
Pour la majorité des tumeurs, la mortalité diminue en 2024 par rapport à 2023, poursuivant les tendances prépandémiques à la diminution, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, et dans toutes les classes d’âge, à l’exception des personnes de 85 ans et plus pour lesquelles on note une légère hausse de la mortalité par tumeur, sans sortir des tendances prépandémiques (figure 2, tableaux annexes 2 et 3). En revanche, la mortalité par tumeur du pancréas suit sa tendance à la hausse, tous âges confondus. Une hausse des tumeurs du poumon, des bronches et de la trachée depuis 2022 est également observée chez les femmes, sans rupture par rapport aux tendances prépandémiques, alors que ce taux continue de diminuer chez les hommes.
Maladies de l’appareil circulatoire
Les maladies de l’appareil circulatoire, deuxième cause de décès en France aussi bien chez les hommes que chez les femmes, ont entraîné 136 081 décès soit 21,2% de l’ensemble (taux de 158,0 pour 100 000 habitants). Elles sont les premières causes de décès chez les 85 ans et plus, pour lesquels elles sont responsables de 26,6% des décès. Les maladies cérébrovasculaires (dont 88,1% sont des AVC) représentent 22,5% des décès dus aux maladies de l’appareil circulatoire, et les cardiopathies ischémiques 21,4% des décès (dont 41,7% sont des infarctus du myocarde).
En tenant compte de la structure par âge de la population, le taux standardisé masculin des maladies de l’appareil circulatoire est 1,6 fois supérieur à celui des femmes. Cette surmortalité masculine monte jusqu’à 2,8 fois pour les cardiopathies ischémiques.
Bien que la mortalité par maladies de l’appareil circulatoire ait poursuivi sa diminution en 2024 par rapport à 2023, le taux standardisé observé reste significativement supérieur à celui qui aurait été attendu si les tendances prépandémiques à la baisse s’étaient prolongées jusqu’en 2024, notamment chez les femmes. Cela concerne principalement les « autres maladies de l’appareil circulatoire », notamment les cardionéphropathies hypertensives, chez les personnes de plus de 65 ans.
Maladies de l’appareil respiratoire et Covid-19
En 2024, les maladies de l’appareil respiratoire restent la troisième cause de décès (hors symptômes et états morbides mal définis), tous sexes confondus et chez les femmes, et la quatrième cause chez les hommes. Elles sont responsables de 52 667 décès, soit 8,2% de l’ensemble (taux de 61,3). Plus de la moitié des décès concernent des personnes âgées de 85 ans et plus (56,6%). Dans cette classe d’âge, ces maladies causent 10,1% des décès. Le taux de mortalité des hommes (81,9) est 1,7 fois supérieur à celui des femmes (47,7).
Les pneumonies représentent 34,2% des décès dus à des maladies de l’appareil respiratoire. Comme les décès dus à la grippe (6,8% des maladies de l’appareil respiratoire), elles concernent majoritairement des personnes âgées de 85 ans et plus (68,7%). Les personnes décédées de maladies chroniques des voies respiratoires inférieures (24,1% des maladies de l’appareil respiratoire) sont en moyenne plus jeunes : pour moitié âgées de 65 à 84 ans, et 10,7% de moins de 65 ans.
Tous âges confondus, la mortalité due aux maladies de l’appareil respiratoire hors Covid-19 en 2024 est en hausse de 5,3 décès pour 100 000 habitants par rapport à 2023, portée par la grippe (+1,9 décès pour 100 000 habitants) et les pneumonies (+2,3 décès pour 100 000 habitants). La mortalité due aux maladies de l’appareil respiratoire dépasse le niveau projeté en 2024, quelle que soit la période de référence prépandémique considérée. Ce sont en particulier les pneumonies, qui sont supérieures aux tendances prépandémiques chez les 65-84 ans, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
À l’inverse, avec 8 549 décès en 2024 (1,3% de l’ensemble des décès), la Covid-19 continue de reculer (taux de 9,7, soit près de 7 décès pour 100 000 habitants de moins qu’en 2023). Le taux masculin (14,2) reste 2 fois supérieur à celui des femmes (7,1).
Causes externes
En 2024, 46 583 décès sont dus à des causes externes, soit 7,3% de l’ensemble (tableau). Près d’un tiers des décès par causes externes concernent des personnes de moins de 65 ans et 38,5% des personnes de 85 ans et plus. Le taux de mortalité est de 59,4 pour 100 000 habitants en 2024. Celui des hommes (84,5) est 2,2 fois supérieur à celui des femmes (38,6). Ainsi, les causes externes sont la troisième cause de décès pour les hommes (hors « Symptômes et états morbides mal définis ») et la cinquième pour les femmes.
Les accidents représentent 69,6% de ces décès, dont 25,9% de chutes accidentelles et 5,2% d’accidents de transport. Les décès par chutes accidentelles (12 063 décès, taux de 13,7) se produisent majoritairement à un âge élevé : 65,0% concernent des personnes âgées de 85 ans et plus. Les suicides représentent 18,8% des causes externes, avec 8 744 décès en 2024 (taux de 12,6). Les trois quarts des décès par suicide concernent les hommes et près des deux tiers des personnes âgées de moins de 65 ans.
En légère hausse entre 2023 et 2024, la mortalité due à des causes externes (hors événements d’intention indéterminée), tous âges confondus et en particulier chez les femmes, reste depuis 2022 significativement plus élevée que ce que suggère la prolongation de sa tendance, quelle que soit la période de référence. Chez les personnes âgées de 85 ans et plus, ce sont particulièrement les « autres accidents » (accidents de la vie courante) qui se situent significativement au-dessus des tendances prépandémiques. À l’inverse, le taux de suicide est en légère baisse en 2024 par rapport à 2023.
Maladies endocriniennes, métaboliques et nutritionnelles et de l’appareil digestif
Les maladies de l’appareil digestif, 6e cause de décès en 2024, sont à l’origine de 27 369 décès (4,3% de l’ensemble, taux de 34,0). Parmi ces décès, 41,8% concernent des personnes de 65-84 ans et 40,0% des personnes de 85 ans ou plus. Le taux de mortalité des hommes (45,4) est 1,8 fois supérieur à celui des femmes (24,8).
Avec 25 771 décès en 2024, la mortalité due aux maladies endocriniennes, métaboliques et nutritionnelles en 2024 est la 7e cause de décès (taux de 30,3). Plus de la moitié des décès concerne des personnes de 85 ans ou plus (54,5%). Près de la moitié de ces décès est due au diabète sucré (47,5%).
La mortalité due aux maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques en 2024, stable par rapport à 2023, reste supérieure à celle de 2019 et aux niveaux projetés, quelle que soit la période de référence dans toutes les classes d’âge (à l’exception des 85 ans et plus), aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Notamment, la mortalité par diabète sucré reste stable à un niveau élevé depuis 2020 pour l’ensemble des décès, les hommes comme les femmes et les 65-84 ans. La mortalité due aux maladies digestives est également stable par rapport à 2023, et supérieure à 2019 et aux niveaux projetés, chez les femmes et chez les personnes de 85 ans et plus.
Maladies infectieuses et parasitaires et de l’appareil génito-urinaire
En 9e et 10e positions, les maladies de l’appareil génito-urinaire et les maladies infectieuses et parasitaires comptent en 2024 respectivement pour 14 231 décès (taux de 16,2) et 13 481 décès (taux de 16,0). Ces deux catégories concernent majoritairement les personnes de 85 ans et plus (63,5% et 53,1% respectivement).
Plus de la moitié des décès dus aux maladies de l’appareil génito-urinaire concernent les maladies du rein et de l’uretère hors infections (55,5%), et les infections de l’appareil génito-urinaire (38,4%, dont 67,6% étaient des personnes âgées de 85 ans et plus).
La hausse de la mortalité due aux maladies de l’appareil génito-urinaire en 2024 par rapport à 2023 (+0,5 décès pour 100 000 habitants) est portée par celle des infections des voies urinaires (+0,4 décès pour 100 000). Par rapport au taux projeté en 2024 à partir des tendances prépandémiques, la mortalité due aux maladies de l’appareil génito-urinaire reste en rupture à la hausse en 2024, pour l’ensemble des décès et chez les femmes.
Tous âges confondus, les septicémies comptent pour près de la moitié des décès de maladies infectieuses et parasitaires (49,2%). Le taux de 7,8 en 2024 est en hausse de 0,1 décès pour 100 000 par rapport à 2023.
Symptômes et états morbides mal définis
Le chapitre des symptômes et états morbides mal définis (67 507 décès, taux de 78,6 en 2024) couvre les décès pour lesquels l’information figurant sur le certificat n’est pas suffisamment détaillée pour les classer dans un chapitre précis de la CIM (« autres symptômes et états morbides mal définis », 36 293 décès), les causes de décès inconnues ou non précisées sur le volet médical du certificat (« absence d’information », 31 088 décès), et les morts subites du nourrisson (126 décès). Les « autres symptômes et états morbides mal définis » concernent 65,1% des personnes de 85 ans et plus, et comprennent notamment les « arrêts respiratoires » (R09.2), le « malaise ou fatigue » (R53), la « sénilité » (R54) ou encore le « découragement et apathie » (R45.3).
Au-delà de la cause initiale, les causes associées de mortalité en 2024
Pour près d’un tiers des décès (202 635, soit 31,6%), au moins une cause associée (autre que la cause initiale) est mentionnée en partie II du certificat (figure 3). Cette proportion augmente avec l’âge (de 22,1% chez les moins de 65 ans à 34,9% chez les 85 ans et plus), et elle est similaire entre les hommes (31,8%) et les femmes (31,4%).
Elle est faible pour les symptômes et états morbides mal définis (2,3%) et varie selon les autres catégories de cause initiale de décès, allant de 27,1% pour les tumeurs à 50,0% pour la Covid-19. L’écart entre les classes d’âge est particulièrement marqué pour les décès dus aux causes externes et aux tumeurs. À l’inverse, peu de différences entre les classes d’âge sont observées pour les décès dus à la Covid-19, aux maladies de l’appareil respiratoire et aux maladies infectieuses et parasitaires.
Agrandir l'imageLe profil des causes associées les plus fréquentes évolue selon la classe d’âge (figure 4). Ainsi, parmi les certificats de décès des personnes de moins de 65 ans qui ont au moins une cause associée, les plus fréquentes sont les tumeurs (12,4%), les facteurs de risque (dont abus d’alcool (10,8%), tabac (9,8%), hypertension artérielle (9,7%), diabète sucré (9,3%)), les antécédents (9,2% : incluant la présence d’implants ou de greffes cardiovasculaires, …) ou encore les maladies du système nerveux (8,1% : apnée du sommeil, épilepsie, hémiplégie, ...).
Chez les personnes de 65-84 ans, les causes associées les plus fréquentes sont l’hypertension artérielle (17,2%), le diabète sucré (15,6%), les tumeurs (15,6%), et les autres maladies endocriniennes (10,8% : principalement carences chroniques des macronutriments, anomalies du métabolisme et hypothyroïdie), et les antécédents (10,1%). À ces principales causes associées s’ajoutent celles en lien avec les maladies de l’appareil circulatoire (troubles du rythme et de la conduction, maladies des veines, artères et embolies) et celles du rein et de l’uretère.
Chez les personnes de 85 ans et plus, l’hypertension artérielle (20,4%) et les troubles du rythme et de la conduction (16,1%) constituent les deux causes associées les plus fréquemment citées, suivies des mentions d’immobilité, sénilité, malaise/fatigue, cachexie (11,8%), de troubles cognitifs et de la conscience (11,5%), de maladies endocriniennes (11,6%) et de diabète sucré (11,0%), ainsi que les maladies du rein et de l’uretère (10,9%). Les tumeurs et les antécédents arrivent en 8e et 10e positions parmi les causes associées les plus fréquentes (9,7% et 8,6% respectivement).
L’hypertension artérielle constitue la première cause associée chez les hommes (15,9%) comme chez les femmes (20,3%). De même, les 3e et 4e causes associées les plus fréquentes pour les deux sexes sont les troubles du rythme et de la conduction, et le diabète sucré. En revanche, les tumeurs constituent la 2e cause la plus fréquente chez les hommes (14,2%), alors qu’elles sont en 6e position chez les femmes (10,3%). Chez ces dernières, les maladies endocriniennes autres que le diabète et l’obésité-surpoids (12,5%) sont la 2e cause la plus fréquente.
Lorsque les décès sont regroupés selon la catégorie de cause initiale, les causes associées les plus fréquentes sont similaires pour la plupart des causes initiales chez les personnes de plus de 65 ans. Chez les personnes de moins de 65 ans, les causes associées sont plus dispersées, sans montrer de profil systématique d’une cause initiale à l’autre.
Agrandir l'imageDiscussion
En 2024, le taux de mortalité standardisé diminue légèrement par rapport à 2023 et est inférieur à celui de 2019. Cette diminution est portée en premier lieu par celle de la mortalité due à la Covid-19, et par des baisses de moindre ampleur des mortalités dues aux symptômes et états morbides mal définis, aux maladies de l’appareil circulatoire et aux tumeurs. À l’inverse, l’année se caractérise par une hausse de la mortalité due aux maladies de l’appareil respiratoire, et, dans une moindre mesure, par celle des maladies infectieuses et parasitaires, des maladies du système génito-urinaire et des causes externes. Malgré ce niveau historiquement bas, la mortalité toutes causes reste supérieure à celle que l’on aurait attendue si la tendance prépandémique s’était prolongée jusqu’en 2024. Le même constat se retrouve dans 15 autres pays européens 12, ainsi qu’aux États-Unis 13.
Les statistiques par cause présentées dans cette étude sont parmi les premières disponibles pour l’année 2024 en Europe, après l’Espagne 14 et le Royaume-Uni 15, limitant la comparaison internationale de nos résultats.
Tous âges confondus, les deux premières causes de décès en France restent les tumeurs et les maladies de l’appareil circulatoire. Alors que la mortalité par tumeur poursuit sa tendance générale à la baisse en France, à l’exception de certains cancers en hausse (pancréas), elle semble se stabiliser en 2024 en Espagne 14, au Royaume-Uni 15, ainsi qu’aux États‑Unis 13. Malgré une baisse en 2024, la mortalité due aux maladies de l’appareil circulatoire reste plus élevée que la prolongation des tendances d’avant pandémie tous âges confondus, avec des variations selon les causes. Cette baisse se retrouve dans d’autres pays 13,14,15.
À l’inverse, la mortalité due aux maladies de l’appareil respiratoire, essentiellement observée pendant les périodes hivernales et concomitante avec les épidémies saisonnières, notamment grippales, est en hausse par rapport à 2023, et est portée par la grippe et les pneumonies. Cette augmentation s’explique notamment par une épidémie de grippe 2024-2025 caractérisée par un démarrage précoce, avec un pic atteint mi-janvier 2025, et la co-circulation des trois virus grippaux, qui en a fait une des épidémies grippales les plus sévères depuis 2009 16. Cela constitue également une hypothèse pour expliquer la rupture à la hausse des pneumonies par rapport au taux projeté à partir des tendances prépandémiques, qui reste à confirmer à partir d’analyses plus fines tenant compte des caractéristiques des épidémies hivernales (intensité, sévérité, précocité, …).
Au-delà de la hausse des infections respiratoires, nos résultats montrent une augmentation de la mortalité due aux maladies infectieuses portée par les septicémies, déjà notée en 2023 (+0,3 décès pour 100 000 habitants 1), et celle tendancielle due aux infections de l’appareil génito-urinaire. Ces infections concernent principalement les personnes âgées de 85 ans et plus. Une hausse marquée des septicémies avait été notée aux États-Unis chez les personnes de plus de 65 ans, entre 2020 et 2022, avant de se stabiliser jusqu’à 2024 à un niveau supérieur à celui prépandémique 17.
Les ruptures notables de mortalité par rapport aux tendances prépandémiques concernant les maladies endocriniennes et de l’appareil digestif restent présentes en 2024. Aux États-Unis, la rupture observée dans la mortalité croisée du diabète et d’un accident vasculaire cérébral s’est stabilisée au-dessus du niveau prépandémique 18. Une augmentation de la prévalence de nombreux troubles gastro-intestinaux fonctionnels est observée aux États‑Unis et au Royaume-Uni, avant et après la pandémie. En particulier, l’infection au Covid-19 ainsi que le Covid long sont identifiés comme des facteurs associés à l’expérience de ces troubles 19. Cette corrélation se retrouve au niveau international dans les études se basant sur le Global Burden of Disease Study 2021 20. L’augmentation de la prévalence pourrait alors se retrouver dans des hausses de mortalité : une part potentiellement liée à la corrélation avec la Covid-19, une autre pourrait être liée aux chocs induits par la pandémie (prise en charge retardée, difficultés d’accès aux soins, changements dans les comportements, voire dans l’offre de soins).
Les principaux écarts à la tendance prépandémique 2015-2019 toutes causes confondues, et pour la majorité des grandes causes, se maintiennent lorsque l’on considère la période de référence 2012-2019, en particulier ceux concernant les maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques, les maladies de l’appareil circulatoire, celles de l’appareil génito-urinaire et les causes externes. Cette analyse de sensibilité vient confirmer l’importance des modifications de la mortalité pour ces grandes causes depuis la période de la pandémie de Covid‑19, même si des différences de significativité peuvent apparaître pour des catégories de causes ou d’âges plus fines selon la période de référence considérée. Elle permet de mieux identifier les ruptures marquées par rapport aux tendances projetées.
Ces grandes tendances au niveau national s’observent également en région. Ainsi, la mortalité toutes causes est stable ou en légère diminution dans toutes les régions, sauf à Mayotte où elle est en hausse (tableau annexe 4). Les tumeurs et les maladies de l’appareil circulatoire restent les premières causes de décès dans toutes les régions.
De premières estimations sur les décès survenus en 2025 indiquent que la mortalité due aux deux principales causes de décès (tumeurs et maladies de l’appareil circulatoire) poursuivrait sa baisse 21. L’année 2025 serait à nouveau marquée par une hausse de la mortalité due aux maladies de l’appareil respiratoire, portée par la mortalité due à la grippe et à la pneumonie.
Au-delà de la cause initiale, près d’un tiers des certificats contiennent au moins une cause associée en partie II. L’hypertension artérielle, les troubles du rythme et de la conduction, le diabète sucré et les tumeurs constituent les causes associées les plus fréquentes tous âges confondus. Grippo et coll. ont établi que cette proportion en 2017 était plus élevée en Italie (41%) et aux États-Unis (42%), qu’en France (29%) et en Espagne (27%) 22. Elle était également plus élevée avec l’âge. En Australie, les causes associées les plus fréquentes et leur profil selon l’âge sont comparables à ceux retrouvés dans nos résultats, avec des troubles mentaux (dépression, anxiété) et des facteurs comportementaux (abus d’alcool et de drogues) et psychosociaux plus fréquents chez les personnes de moins de 55 ans, et des maladies chroniques chez les personnes de 55 ans ou plus 23. Une étude brésilienne des décès dus à la Covid-19 montre que les causes associées les plus fréquentes sont l’hypertension artérielle, le diabète, l’insuffisance rénale, l’obésité et les maladies chroniques rénales 24.
Ainsi, les causes associées constituent généralement des comorbidités et correspondent soit à des facteurs de risque de la cause initiale de décès (par exemple l’alcool ou l’hypertension artérielle pour les maladies de l’appareil circulatoire), soit à des facteurs aggravant la cause initiale pouvant contribuer à une dégradation de l’état du patient, à une plus grande vulnérabilité à des effets adverses ou augmentant le risque de complications de la cause initiale 25.
La proportion de décès avec au moins une cause associée et les fréquences par catégorie de cause mesurées dans cette étude peuvent être sous-estimées. En effet, elles reposent uniquement sur les causes inscrites par les médecins dans la partie II du certificat de décès. Ces fréquences ne prennent pas en compte des causes ne contribuant pas directement au processus morbide situées en partie I.
Par ailleurs, si la proportion de décès contenant au moins une cause associée est similaire entre les hommes et les femmes, le nombre moyen de causes associées est systématiquement plus élevé chez les hommes (2,26) que chez les femmes (2,15), bien que ces dernières aient un âge moyen au décès supérieur, donc qu’elles soient susceptibles d’avoir davantage de causes associées 4. La fréquence des causes associées est toutefois moins élevée chez les hommes décédés âgés de 10-40 ans que les femmes du même âge, alors qu’au-delà de 40 ans, la fréquence relative d’une cause associée est supérieure de 10% pour les hommes, par rapport aux femmes au même âge. La distribution différenciée des causes initiales de décès selon le sexe et l’âge pourrait être à l’origine de ces deux résultats. Le nombre de causes associées est également plus élevé pour les décès survenus en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et en établissement de santé (respectivement 2,28 et 2,22) que pour les décès ayant eu lieu à domicile (2,04) 4. Ces différences subsistent, même en tenant compte des effets de structure d’âge et de cause initiale de décès. Enfin, les causes associées pour des pathologies chroniques sont susceptibles d’être plus fréquemment citées sur le certificat quand elles font l’objet de traitements médicaux plus faciles à identifier par le médecin certificateur.
Pour autant, l’analyse des causes associées en complément des autres causes permet de mieux évaluer des situations mal prises en compte par la seule cause initiale de décès. Ainsi, le fardeau des maladies chroniques sur la mortalité est sous-estimé lorsque l’étude se limite aux causes initiales de décès 26,27,28. De même, l’analyse de la cause initiale chez les personnes âgées rend insuffisamment compte de la complexité de leur état de santé en présence de multiples comorbidités 29. Enfin, des changements dans les pratiques de certification des causes peuvent entraîner des évolutions dans les tendances 30. Pour pallier ces différentes limites, des analyses en causes multiples se sont développées, avec différentes approches méthodologiques exploitant tout ou partie des causes de décès inscrites sur les certificats, selon les objectifs poursuivis 31.
Limites
Le taux de collecte des volets médicaux des certificats de décès est de 98,2% avec des variations spatiales 2. Les 1,8% de volets médicaux manquants sont comptabilisés dans la statistique avec une cause inconnue (R99). Comme ils ne sont pas répartis aléatoirement ni sur le territoire, ni sur les causes, ni sur les âges, cela conduit à sous-estimer des phénomènes territoriaux ou relatifs aux morts violentes.
Conclusion
La mortalité en 2024, bien qu’en diminution par rapport à 2023, reste supérieure à celle que l’on aurait attendue si la tendance prépandémique s’était prolongée. C’est également le cas de la mortalité due aux maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques, aux maladies de l’appareil circulatoire, de l’appareil digestif et de l’appareil génito-urinaire. La mortalité due aux maladies de l’appareil respiratoire est également en hausse en 2024, alors que se poursuit la baisse de la mortalité due à la Covid-19.
Avec la description des causes associées, cette étude montre la richesse du certificat de décès, au-delà de la cause initiale, permettant de compléter la mesure du fardeau global des maladies. Des travaux complémentaires sont à poursuivre pour explorer l’évolution temporelle des profils de causes associées par classe d’âge et sexe, évaluer si les ruptures de tendances notées pour certaines causes initiales s’observent également dans la fréquence des causes associées ou si les profils de causes associées ont été modifiés au cours de la période de la pandémie de Covid-19, comme cela a pu être observé sur les maladies de l’appareil circulatoire aux États-Unis 32.
Liens d’intérêt
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt au regard du contenu de l’article.
Remerciements
Les auteurs remercient chaleureusement l’équipe du CépiDc pour la constitution de la base des causes médicales de décès. Les auteurs remercient également les relecteurs pour leurs contributions critiques au manuscrit.
Références
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