Interventions de recherche d’emploi fondées sur des preuves pour les travailleurs et les jeunes sans emploi
// Evidence-based job-seeking support for unemployed workers and young people
Résumé
Cet article décrit le développement, la mise en œuvre et l’efficacité du programme Jobs, une intervention psychosociale fondée sur des preuves et basée sur l’apprentissage par les pairs. Ce programme vise à soutenir les personnes sans emploi dans leur recherche, tout en préservant leur santé mentale. La perte d’un emploi engendre souvent des difficultés financières, des tensions familiales et une détresse psychologique, augmentant ainsi le risque de dépression, notamment en cas de chômage prolongé. La recherche montre cependant que des interventions ciblées peuvent renforcer les compétences en recherche d’emploi, stimuler la motivation et atténuer les conséquences émotionnelles négatives des échecs professionnels. Des essais randomisés à grande échelle menés aux États-Unis ont démontré des bénéfices significatifs, notamment des taux de réinsertion professionnelle plus élevés, une meilleure qualité d’emploi, une réduction des symptômes dépressifs et des avantages économiques à long terme. Le programme a ensuite été adapté en Finlande sous le nom d’intervention Työhön et testé avec succès auprès de chômeurs de longue durée, malgré les différences en matière de prestations sociales et de marchés du travail. Des résultats positifs similaires ont été rapportés dans plusieurs autres pays, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Irlande, les Pays‑Bas, l’Afrique du Sud, ainsi qu’en Chine et en Corée du Sud. Les premières recherches et les travaux menés à l’Institut de l’université du Michigan, au sein du Centre de recherche en prévention du Michigan, pour développer l’intervention Jobs destinée aux chômeurs sont abordés. Nous décrivons également la diffusion ultérieure du programme à l’échelle nationale et internationale.
Abstract
This text outlines the development, implementation, and effectiveness of the JOBS program—
Large-scale randomised trials in the United States demonstrated significant benefits, including higher reemployment rates, better job quality, reduced depressive symptoms, and long-term economic advantages. The program was later adapted in Finland as the Työhön intervention and successfully tested among longer-term unemployed individuals, despite differences in social benefits and labor markets. Similar positive results have been reported in several other countries, including the United Kingdom, Germany, Ireland, the Netherlands, South Africa and also in China and South Korea.
The early research and work involved in developing the JOBS intervention for the unemployed at the University of Michigan Institute in the Michigan Prevention Research Centre are discussed. We also describe later dissemination of the program nationally and internationally.
Le défi du retour à l’emploi après une perte d’emploi
Le chômage ne doit pas être analysé comme un phénomène individuel alors qu’il est systémique. Il peut y avoir des causes économiques, mais également structurelles, liées par exemple à des dysfonctionnements profonds et durables du marché du travail, variables d’un pays à l’autre et dans le temps. La France a développé plusieurs dispositifs pour pallier ces dysfonctionnements, comme la méthode d’interventions offres et demandes (IOD) (1), dont le slogan est « personne n’est inemployable ». Il existe aussi l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée qui permet à certains territoires d’offrir un contrat à durée indéterminée (CDI) à des chômeurs de plus d’un an dans des entreprises de l’économie sociale et solidaire (2).
Néanmoins, la situation de chômage est difficile à vivre pour les individus dont la santé mentale est affectée, comme le montre la méta-analyse de Paul et Moser 1. Certains travaux ont par ailleurs souligné la stigmatisation dont étaient victimes les demandeurs d’emploi 2.
Trouver un nouvel emploi n’est que l’un des nouveaux défis auxquels est confrontée une personne ayant perdu le sien. Après une perte d’emploi, les premières pensées se tournent souvent vers les menaces économiques liées au chômage et la cascade d’événements stressants qui peuvent en découler, tels que les tensions et les conflits familiaux, l’incapacité à payer les factures, voire la perte de son logement à la suite d’une saisie immobilière. La recherche d’un nouvel emploi est elle-même semée d’embûches et d’obstacles qui peuvent miner la motivation à persévérer. En cas de chômage prolongé, la situation semble particulièrement critique chez les demandeurs d’emploi les plus vulnérables à la dépression 3.
Cependant, il a été démontré que le retour à l’emploi contribue à rétablir la santé mentale et le bien-être après une période de chômage et ce, rapidement après un chômage de courte durée. En revanche, les personnes ayant connu un chômage de longue durée peuvent avoir besoin de davantage de soutien et de temps pour s’adapter à leur nouvelle situation professionnelle 4,5. Encourager la recherche d’emploi des personnes ayant perdu leur travail est essentiel pour préserver leur santé mentale, car le retour à l’emploi est fondamental pour un bien-être mental durable. Or, pour beaucoup de personnes engagées dans une recherche d’emploi, ce rôle est totalement nouveau et inhabituel. Des interventions visant à renforcer leurs stratégies et compétences de recherche d’emploi sont donc indispensables, non seulement pour garantir le succès de leur recherche, mais aussi pour améliorer leur bien-être mental. Parallèlement, elles préviennent le découragement et les conséquences négatives que les obstacles et les revers rencontrés peuvent avoir sur la motivation du demandeur et qui l’exposent à une série d’événements économiques et personnels stressants, susceptibles de nuire à sa santé et à son bien-être.
Développement du programme de recherche d’emploi Jobs
Depuis 1981, des chercheurs du Michigan Prevention Research Center (MPRC), rattaché à l’Institut de recherche sociale de l’université du Michigan, étudient les difficultés rencontrées par les personnes sans emploi et leur famille. Ils ont mis au point le programme Jobs afin d’aider les chômeurs à retrouver un travail et à faire face aux multiples défis et au stress liés au chômage et à la recherche d’emploi 6. Ce programme est une intervention de groupe basée sur l’apprentissage par les pairs et visant à favoriser le retour à l’emploi, tout en renforçant les capacités d’adaptation et la santé mentale des chômeurs (figure).
Le programme comporte cinq composantes principales :
–des méthodes actives d’enseignement et d’apprentissage, par opposition à un apprentissage passif et magistral, utilisant les connaissances et les compétences des participants eux-mêmes, mises en évidence au moyen de discussions en petits et grands groupes, de jeux de rôle et d’autres activités ;
–des formateurs compétents, qui ont été spécialement formés pour dispenser le programme Jobs ;
–des environnements d’apprentissage bienveillants, dans lesquels les formateurs modélisent et renforcent les comportements de soutien afin que les participants puissent apprendre les uns des autres et se soutenir mutuellement ;
–l’auto-efficacité : des processus de formation qui renforcent la confiance générale, le sentiment de contrôle et l’auto-efficacité liée à l’emploi chez les participants (par exemple, accroître la conviction d’avoir les compétences nécessaires pour trouver un emploi approprié) ;
–l’immunisation contre les revers : pour que les bénéfices de la formation perdurent dans le temps, les participants sont accompagnés dans la planification et la gestion des obstacles.
Le programme a d’abord été développé et évalué auprès d’un large échantillon de demandeurs d’emploi recrutés dans plusieurs agences pour l’emploi de la région de Détroit dans l’État du Michigan 7,8,9. Lors de ces premiers essais, les caractéristiques démographiques et professionnelles des échantillons correspondaient étroitement à celles de la population sans emploi des États-Unis. Des études de développement ultérieures ont inclus d’autres populations en Californie 10. Le programme Jobs a été évalué dans le cadre de deux expérimentations de terrain à grande échelle (Jobs I en 1984-1986, et Jobs II en 1991-1994), selon un protocole comprenant des groupes expérimentaux et témoins randomisés. Les résultats initiaux de Jobs I ont été publiés dans un article de Caplan et coll. en 1989 7 et de Price et coll. en 1992 11, tandis que les résultats de la réplication et de l’extension de Jobs II ont été publiés dans un article de Vinokur et coll. en 1995 8. Des analyses ultérieures ont porté sur les résultats d’un suivi à long terme de deux ans 12 sur l’application d’une analyse coûts-avantages 13.
Les essais du programme Jobs ont produit plusieurs résultats positifs en matière de réinsertion professionnelle, de santé mentale et de croissance économique. La participation au programme a entraîné :
–une proportion plus élevée de participants retrouvant un emploi et occupant des postes mieux rémunérés que ceux des groupes témoins randomisés ;
–des analyses coûts-avantages indiquant que les coûts du programme Jobs peuvent être compensés par l’augmentation des recettes fiscales générées par les emplois mieux rémunérés obtenus par les participants ;
–une réduction significative des symptômes dépressifs et des épisodes dépressifs ;
–une plus grande efficacité du programme pour les chômeurs présentant le risque psychologique le plus élevé de dépression ;
–une protection des travailleurs contre les effets néfastes d’une perte d’emploi ultérieure et des difficultés qui en découlent.
Essais du programme Jobs en Finlande et dans d’autres pays
Les recherches menées sur le programme Jobs en Finlande, où le marché du travail diffère de celui des États-Unis, ont été examinées plus en détail. L’idée initiale du modèle était de proposer une solution efficace pour les demandeurs d’emploi de courte durée. En Finlande, le programme a été testé dans le cadre de deux vastes études menées auprès de chômeurs de longue durée, dans un contexte de marché du travail particulièrement difficile. La première étude a été réalisée dans la région de Turku entre 1996 et 1997, alors que le taux de chômage avoisinait les 15% de la population active. La seconde, menée à l’échelle nationale entre 1998 et 2000, a vu ce taux de chômage s’établir à environ 11%. Elles ont constitué de nouveaux tests rigoureux des principes sous-jacents au programme Jobs, auprès de populations et de marchés du travail différents. Les deux essais ont été menés par les chercheurs de l’Institut finlandais de la santé au travail (FIOH). Comparée aux États-Unis, la Finlande offrait aux chômeurs des allocations chômage plus élevées et pendant des périodes plus longues, ce qui a pu influencer leur motivation à rechercher un emploi 14 et réduire l’anticipation des difficultés financières futures après le choc initial de la perte d’emploi 15. Par conséquent, l’efficacité d’un programme conçu pour les États-Unis auprès des chômeurs finlandais restait incertaine. Après une phase initiale d’adaptation et de formation en Finlande, le programme finlandais Jobs, baptisé Työhön (Travailler), a été mis en œuvre sur le marché du travail finlandais et testé lors d’une expérimentation de terrain randomisée à Turku et dans deux villes voisines 16. Cet essai randomisé à grande échelle a été mené auprès de 1 261 demandeurs d’emploi finlandais. Six mois après le début du programme, celui-ci a eu un impact positif sur la qualité du retour à l’emploi, notamment chez les personnes au chômage depuis 3 à 12 mois. Comparés au groupe témoin, les participants du groupe expérimental étaient plus souvent employés ou en formation professionnelle. Le programme a également permis de réduire la détresse psychologique. Deux ans après son début, la participation a significativement diminué les symptômes dépressifs et amélioré l’estime de soi des participants 17.
Deuxièmement, après l’expérimentation initiale d’efficacité menée dans la région de Turku, le programme finlandais Jobs (Työhön) a été déployé dans les agences pour l’emploi à travers le pays, grâce à la formation de plus de 300 formateurs dispensés par la FIOH dans ces agences. Entre 1998 et 2000, une étude expérimentale randomisée contrôlée (ERC) nationale a été réalisée afin d’évaluer les effets bénéfiques de la formation à la recherche d’emploi en général, indépendamment de la méthode utilisée, puis de comparer les effets du programme Jobs, fondé sur des données probantes, avec ceux de la formation traditionnelle, axée sur la pratique et centrée sur le formateur. Cette ERC avec liste d’attente et un suivi de six mois a été menée dans 19 agences pour l’emploi réparties sur l’ensemble du territoire finlandais. Neuf d’entre elles ont utilisé la méthode Jobs et 10 ont privilégié des méthodes plus pratiques dans leur formation à la recherche d’emploi. La répartition aléatoire en groupes expérimental et témoin a été effectuée séparément dans chaque agence. Concernant les résultats relatifs au retour à l’emploi, un effet positif de la formation à la recherche d’emploi a été constaté chez les chômeurs bénéficiant d’une incitation financière (par exemple, la fin prochaine d’une allocation chômage plus élevée) pour participer aux différents programmes 18. La participation forcée à ces formations n’a pas augmenté le taux de retour à l’emploi, mais a nui à leurs effets positifs sur la santé mentale. Des analyses complémentaires ont démontré que cette participation forcée réduisait le retour à l’emploi, en particulier chez les chômeurs de longue durée 14. Ces résultats sont en ligne avec d’autres travaux sur la motivation à rechercher un emploi, selon les principes de la théorie de l’autodétermination avec laquelle on distingue la motivation construite de façon autonome, car choisie et assumée, favorable à une recherche active d’emploi, de la motivation imposée associée à une recherche d’emploi qui ne résistera pas aux premiers revers 19.
Une analyse de modélisation linéaire hiérarchique des activités de groupe, issue de l’étude d’évaluation nationale, a été réalisée afin d’étudier la mise en œuvre des principes de formation dans les différentes activités de recherche d’emploi et leur importance dans la prédiction des effets bénéfiques. Les résultats ont démontré que la préparation aux difficultés, au niveau du groupe de participants, prédisait significativement une diminution de la détresse psychologique et des symptômes dépressifs lors du suivi à six mois, soulignant ainsi cette spécificité de la méthode Jobs 20. Enfin, afin de comparer les effets sur l’emploi de ce programme, fondé sur des preuves, et d’autres méthodes plus ancrées dans la pratique, les 19 agences pour l’emploi ont été réparties en deux groupes : les 9 agences appliquant la méthode Jobs et les 10 agences utilisant une autre méthode de formation à la recherche d’emploi. De plus, certaines variables issues du questionnaire (groupe expérimental/groupe témoin, risque initial de dépression) ont été croisées avec les données du registre du travail grâce aux numéros de sécurité sociale. Ces données comprenaient des informations sur la situation professionnelle (emploi, chômage, inactivité, études) pour chaque mois pendant les deux années précédant l’intervention (groupe témoin) et les quatre années suivant l’intervention (groupe d’intervention). Les résultats ont démontré que des effets bénéfiques à long terme sur le retour à l’emploi et le maintien en emploi n’ont été observés que dans le cadre des interventions basées sur la méthode Jobs, validée par la recherche, pour les participants présentant un risque initial de dépression. En revanche, les interventions axées sur la pratique ont semblé avoir des effets même néfastes sur l’emploi, ce qui était inattendu et pourrait être dû à l’orientation vers la formation continue face aux difficultés du marché du travail 21,22.
Par ailleurs, le programme Jobs a été mis en œuvre à l’échelle internationale et testé dans divers pays aux marchés du travail différents, avec des résultats positifs. Outre la Finlande, Jobs a été déployé en Europe auprès des chômeurs de longue durée en Irlande 23,24, aux Pays-Bas 25, au Royaume-Uni 26, en Allemagne 27,28 et en Afrique du Sud 29 où les évaluations ont montré des effets bénéfiques sur l’emploi. De plus, des programmes Jobs ont été mis en œuvre avec succès dans sept villes de la République populaire de Chine 30.
Modèle théorique du programme Jobs, mécanismes sous-jacents et efficacité dans différents contextes
Ci-après, le modèle théorique qui a guidé la recherche et la conception du programme Jobs est décrit, puis une étude, examinant l’influence des différents concepts de ce modèle et le rôle des processus de médiation dépendant de ces concepts entre eux, est présentée.
Apprentissage actif, sentiment d’efficacité personnelle et résilience face aux échecs
Le programme Jobs repose fortement sur l’apprentissage actif et un environnement favorable, créant ainsi un cadre propice à l’acquisition des techniques de recherche d’emploi et autres compétences pertinentes. Ceci permet aux participants de développer un sentiment d’efficacité personnelle accumulé quant à leur capacité à rechercher un emploi et, dans le cas des jeunes entrant sur le marché du travail, d’améliorer leurs chances de construire une carrière de qualité et durable. Le sentiment d’efficacité personnelle en matière de recherche d’emploi définit le degré de confiance en sa capacité à mener à bien les activités essentielles de recherche d’emploi, telles que la prospection et la préparation aux entretiens. Bandura 31 et Ajzen 32 l’ont tous deux démontré : c’est une composante motivationnelle qui accroît la probabilité d’adopter des comportements difficiles ou exigeants. Par conséquent, on peut supposer que le renforcement du sentiment d’efficacité personnelle dans la recherche d’emploi augmente la fréquence et l’efficacité de cette recherche. L’intervention vise également à aider les participants à anticiper les obstacles et à développer des compétences pour y faire face, les prémunissant ainsi contre les réactions psychologiques négatives face aux échecs inévitables.
Cette prédisposition est bénéfique pour maintenir la motivation des chercheurs d’emploi face aux obstacles et prévenir les rechutes 33,34. Les exercices de groupe proposés dans le cadre de l’intervention permettent aux participants d’anticiper les obstacles qu’ils pourraient rencontrer dans leur recherche d’emploi, tels que les refus, les retards et l’absence de réponse. Ceci les aide à développer un sentiment de contrôle personnel qui réduit le découragement et la perte de motivation. L’auto-efficacité dans la recherche d’emploi et la capacité à surmonter les échecs constituent les deux principaux éléments actifs de l’intervention et jouent un rôle de médiateur direct dans ses résultats. Ces deux aspects sont étroitement liés et font partie intégrante du concept cognitivo-motivationnel de la préparation à la recherche d’emploi 35. Ces processus entraînent l’efficacité de la recherche d’emploi, tant en termes de persévérance que de découragement, ainsi que dans le déploiement de techniques efficaces.
Mécanismes sous-jacents au programme Jobs
Les mécanismes sous-jacents au programme Jobs expliquent son efficacité. Des modèles de médiation de l’intervention Jobs auprès des chômeurs ont été étudiés à partir de données issues de vastes études expérimentales de terrain afin de tester les processus hypothétiques décrits ci-dessus. Vinokur et Schul ont démontré en 1997 comment la capacité à surmonter les échecs protège les participants ayant subi une perte d’emploi après en avoir temporairement retrouvé un, réduisant ainsi le risque de symptômes dépressifs importants 36. Dans une étude connexe, Vinokur et Schul ont montré en 2002 le double rôle des difficultés financières dans le processus de réinsertion professionnelle. Elles facilitent la réinsertion en renforçant la motivation et l’intensité de la recherche d’emploi, mais les freinent en accentuant les symptômes dépressifs. Ces résultats montrent clairement que l’amélioration des chances de réussite dans la recherche d’emploi implique non seulement de développer les compétences, la motivation et l’intensité de la recherche, mais aussi de gérer les obstacles.
Vuori et Vinokur 35 ont étudié deux médiateurs spécifiques ciblés par l’intervention de type Jobs : l’auto-efficacité dans la recherche d’emploi et la capacité à surmonter les obstacles, envisagés comme des composantes de la préparation à la recherche d’emploi. Le rôle de cette préparation comme principal médiateur des effets de l’intervention sur les résultats a été testé à partir des données de Työhön, auprès de 1 261 participants. L’intervention a permis d’améliorer significativement la préparation à la recherche d’emploi. Cette initiative a entraîné une augmentation du taux de réinsertion professionnelle et une diminution des difficultés financières et des symptômes dépressifs 35.
Conclusion
Le programme Jobs est destiné aux chômeurs cherchant à retrouver un emploi après une perte de travail. L’équipe finlandaise a développé un autre programme nommé School to Work, qui consiste à préparer les élèves en amont de leur rencontre avec le milieu du travail. Ce programme, destiné aux jeunes en transition entre l’école et le monde du travail, est aussi un des exemples d’interventions fondées sur des théories 37,38. Leurs effets bénéfiques sur l’emploi et la santé mentale ont été démontrés dans le cadre d’études expérimentales randomisées sur le terrain. Il a été constaté que ces effets bénéfiques à long terme sont liés aux résultats immédiats des interventions, tels qu’une meilleure préparation aux transitions professionnelles. Ces deux interventions sont dispensées en groupes de pairs, selon des méthodes d’apprentissage actif et à partir de contenus de formation documentés dans des manuels. La formule de formation en groupe, avec deux formateurs par groupe, a été développée à grande échelle et a permis d’obtenir des résultats de formation de haute qualité. De ce fait, ce type d’interventions pourrait servir d’exemple de formation efficace à la recherche d’emploi à l’échelle du système. La mise en œuvre à grande échelle d’interventions de recherche de haute qualité pour faciliter les transitions professionnelles demeure un défi majeur. Les systèmes de services sont confrontés à des ressources insuffisantes et à des pressions politiques. Les chercheurs manquent souvent d’expérience en matière de collaboration avec les professionnels des services et ne sont pas formés pour s’adapter à l’évolution des besoins et des priorités du secteur des services sociaux. Le prochain défi consiste à créer des collaborations pour combler le fossé entre les chercheurs capables de fournir des recherches de haute qualité, nécessaires à des interventions efficaces, et les professionnels des systèmes de services disposés à consacrer les ressources et le temps nécessaires à leur mise en œuvre.
Liens d’intérêt
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt au regard du contenu de l’article.
Références
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